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C’est quoi la Biodynamie ?

Coincé entre le “galvaudé label Bio” et le “super tendance vin nature”, le vin “biodynamique” ou “en biodynamie” passe un peu sous les radars il me semble. J’ai croisé des professionnels (cavistes, restaurateurs ..) répondant à ma question “ils sont en biodynamie vos vins ?” par un “oui oui ils sont tous bios !” totalement à côté de la plaque, et échangé avec des amis ou simples connaissances, vaguement au courant… Ah ouai la biodynamie ce sont les mecs “perchés” là qui mettent de la bouse dans des cornes et qui les enterrent ? Et qui, ensuite, écrasent les raisins avec les pieds…

la biodynamie bouse de corne - BBN

Bon.

De quoi parlons-nous ?

Nous ne parlons pas d’un nouveau truc à la mode ! Cette “approche” s’appuie sur les conférences de Rudolph Steiner en 1924, mais surtout sur les travaux d’agronomes et d’agriculteurs à commencer par Ehrenfried Pfeiffer pionnier de l’agriculture biodynamique aux Etat-Unis, à qui l’on doit la mise au point d’un procédé novateur de compostage des déchets urbains et industriels dès 1946 ! En Europe, à partir de 1960 l’allemande Maria Thun (paysanne et chercheuse) contribue au développement de la biodynamie avec une approche centrée sur l’utilisation des rythmes lunaires et planétaires.

 
France, le mouvement se développe sous l’impulsion de Claude Monziès (en photo) horticulteur de formation qui découvre dès les années 40 cette approche lors d'un stage dans un petit domaine de l’Allier.

L’Association française de culture biodynamique verra le jour en 1958, suivie par le Syndicat d’agriculture biodynamique en 1973 et le Mouvement de Culture Biodynamique en 1975.

Bref l’agriculture biodynamique est tout simplement contemporaine à l’agriculture intensive et industrielle de l’après-guerre ; elle s’est développée en parallèle depuis toujours, comme une alternative, une autre vision. La biodynamie ce n’est pas spécifique au vin, c’est un système de production agricole dans la droite ligne de l’agriculture biologique (il faut être certifié Bio), mais qui va (beaucoup) plus loin.

Comment ça marche ?

Pour faire simple, la biodynamie considère que la plante, le sol et la terre sont un écosystème, dont il s’agit d’assurer l’équilibre. Pour y parvenir 3 grands domaines d’interventions.

  1. Principes de base: la prise en considération des influences astrales et du rythme de la nature ce qui implique le respect d’un calendrier d’interventions (et ça n’a rien d’incongru, la lune influence les marées, pourquoi pas la croissance des plantes ?) l’utilisation de préparations naturelles (les préparâts) issues de matières végétales, animales et minérales transformées, qui renforcent et vivifient sol et vignes, tout en les protégeant d’éventuelles maladies Le binage, qui favorise l’installation des processus de vie en travaillant le sol à des moments différents dans l’année, le mois ou la journée.
  2. Certifications : afin d’accompagner l’agriculteur, et, en ce qui nous concerne le vigneron, deux labels certifient le travail effectué. le label international Demeter fournit un cahier des charges très précis et notamment un calendrier pour les traitements et les soins pour la vigne. En France le label Biodyvin mis en place par le Syndicat international des vignerons en culture biodynamique est délivré en toute objectivité et indépendance par Ecocert.
  3. Vinification : pour conserver cet équilibre, la vinification en biodynamie suit également les principes de l’agriculture biodynamique, par exemple lors de la vinification le calendrier lunaire est pris en compte (lune ascendante et descendante / jours racine, feuille, fleur ou fruit) , des vasques de dynamisation peuvent être utilisées etc. À l’image des vins natures, le vigneron en biodynamie suit un cahier des charges beaucoup plus restrictif que la certification bio, en matières d’intrants, de souffre et d’intervention (flash pasteurisation, osmose inverse…).

A quoi ça sert ?

À boire du bon vin, tiens pardi ! Plus sérieusement si on résume, en biodynamie le travail du sol, de la vigne, et de la vinification se fait de la manière la plus naturelle et respectueuse de l’environnement possible. Ce qui donne des vins -potentiellement- d’une précision et complexité aromatique plus marquée ; les vins biodyamiques, quand ils sont bien faits, apportent fraîcheur, minéralité, droiture, et une expression du terroir plus authentique.

Concernant ce dernier point cela parait logique compte tenu du travail primordial qui a été effectué sur les sols, les vignes et leur environnement, cela a pu aussi être validé lors de dégustations à l’aveugle, comme par exemple à Bordeaux (si si) lors d’une master class « Même si nous ne comprenons pas tout, la plupart du temps, les vins dégustés à l’aveugle qui ressortent le mieux, sont en biodynamie, pour moi c’est une évidence et cela pose question », Philippe Barret (Rédacteur en chef chez Le Rouge & Le Blanc). Enfin comme cela est évoqué aussi pour les vins natures, ils sont plus digestes, et, osons le dire, meilleurs pour la santé.

Qui sont-ils ?

Les sites de Déméter et Biodyvin ne sont pas très précis sur le nombre d’adhérents, de vignerons certifiés ou en cours .. les chiffres 2017 (wikipédia) seraient 418 domaines Demeter en France et 135 biodyvin (“principalement en France) ; Le vignoble en Biodynamie représenterait 2% du vignoble français (les bio représente 10%), c’est peu mais en progression de 15%. A noter que tous ne réclament pas la certification (dont de nombreux vignerons “nature”) et/ou ne souhaitent pas le mettre en avant, car ils préfèrent être jugés sur le résultat plutôt que sur la méthode.

Des château et domaines prestigieux travaillent en biodynamie: en Bourgogne le fameux Domaine de la Romanée-Conti (bio depuis les années 90, 100% biodynamie depuis 2007), mais aussi le domaine Leflaive à Puligny-Montrachet depuis 1993 ! À Bordeaux le 5ème grand cru classé de Pauillac château Pontet Canet est en biodynamie depuis 2010, son “voisin” Château Palmer (3ème Grand Cru Classé en Appellation Margaux) depuis 2014 (officiellement certifié en 2018) et même les champagnes Roederer (partiellement, il est vrai mais engagé durablement dans la conversion)… Et il y en a beaucoup d’autres qui deviennent des “grands noms” de la biodynamie, dont les vins sont régulièrement salués par la critique : Clos Puy Arnaud (Thierry Valette), Domaine des roches neuves (Thierry Germain), Domaine Marcel Deiss ( Jean Michel Deiss), la Coulée de Serrant (Nicolas Joly, a rédigé plusieurs ouvrages sur la biodynamie) ... il est impossible de les lister même si ils ne sont que quelques centaines. Il faut faire confiance à votre caviste, aux certifications, à certains sites qui s’en sont fait une spécialité et surtout il faut les goûter, les essayer et se faire sa propre idée.

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Pour approfondir le sujet, outre notre meilleur ami Wikipedia, les sites de demeter.fr et biodivin.fr mais aussi la merveille de simplification que représente le livre “le vin c’est pas sorcier” de Ophélie Neyman. Vous voulez quand même en savoir plus sur la bouse de corne ? rendez-vous sur http://www.arbdyn.ch/biodynamie-preparats-001.html 

crédit photo : Claude Monziès © DREn
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